Reporters occidentaux en Afrique : regards croisés

Quatre reporters occidentaux s’expriment sur le métier de reporter, en continent africain. Ne pas venir de la région est parfois un avantage, d’autre fois un inconvénient. Regards croisés sur les conditions de travail.

Avec les témoignages de Justine Brabant, Anthony Fouchard, Guillaume Lavallée et Jenna Le Bras et Adriane Ohanesian

Lisa François, Mathilde Hérard et Olympia Roumier

Être reporter au Moyen-Orient, quelles conditions ?

Dans quelles conditions les reporters au Moyen-Orient travaillent-ils ? Une majorité d’entre eux se retrouve confrontée à la barrière de la culture et de la langue. Travail avec un fixeur, manifestations ou zones de conflit direct, quelques kilomètres peuvent faire évoluer la production journalistique.

Entretiens croisés de Valérie Crova, Hala Kodmani, Raphaël Krafft, et Leïla Minano.

Lisa François, Mathilde Hérard, Olympia Roumier

Gwendoline Debono revient sur son travail en Syrie

Gwendoline Debono, reporter à Europe 1, a remporté le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre 2017 dans la catégorie radio pour son reportage « L’entrée dans Mossoul » diffusé le 7 novembre 2016.

 

Soudan du Sud, les conflits infinis

Conflits Soudan du Sud Photo : Adriane Ohanesian
Les soldats de L’Armée de Libération du Peuple du Soudan (APLS) sur la route de Bentiu à Heglig, à Heglig, Soudan, 17 avril 2012. Pendant dix jours L’Armée de Libération du Peuple du Soudan (APLS) a contrôlé, à la fois, la ville de Heglig et ses champs de pétrole au Soudan. Adriane Ohanesian

Depuis 2011, année de son indépendance, le Soudan du Sud est confronté à une instabilité sans précédent. En 2013, une opposition est née entre deux clans qui luttent pour l’accès au pouvoir. Le conflit, entre Salva Kiir et Riek Machar, deux hommes forts du pays, a débouché sur une guerre civile faisant 300 000 morts et quatre millions de déplacés en quatre ans. Aujourd’hui, ce conflit est considéré, par les spécialistes de la région, comme une guerre oubliée.

Carte Soudan du Sud
Le Soudan du Sud est un pays d’Afrique orientale d’une superficie de 644 329 km². Il est frontalier du Soudan au nord, de l’Ethiopie à l’est, du Kenya, de l’Ouganda et de la République Démocratique du Congo au sud et de la Centrafrique à l’ouest.

Avant  2011, le Soudan du Sud et le Soudan ne formaient qu’un seul et même pays. Partie prenante d’un condominium anglo-égyptien, c’est-à-dire que l’Egypte et l’Angleterre exercent une souveraineté sur le pays, le Soudan obtient son indépendance en 1956. Cette décision est facilitée par la proclamation de la république en Égypte en 1952. Le Soudan est alors divisé en huit provinces elles-mêmes découpées en deux régions : le Nord et le Sud. Dès l’indépendance, des conflits éclatent entre Khartoum, la capitale, et les territoires du sud : le début d’une guerre civile de seize ans. En cause, les fortes inégalités dans l’accès à la santé, à l’éducation, aux transports. Mais également la promesse non tenue par le gouvernement de Khartoum de créer un état fédéral. Le Sud réplique avec des mouvements d’insurrection.

Deuxième Guerre civile pour l’autonomie

En 1972, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu à Addis Abeba (Ethiopie), le Soudan du Sud obtient son autonomie avec à la clé un gouvernement et des compétences élargies. Le répit est de courte durée. En 1983, le président, le général Gaafar Nimeiry, impose la loi islamique à l’ensemble du pays et divise la région du Sud en trois. À la même période, du pétrole est découvert au Sud. Il est exploité par Khartoum. L’Armée de Libération du Peuple du Soudan (APLS) est alors fondée au Sud par un militaire qui deviendra une importante figure politique, John Garang. L’opposition réclame une autonomie accrue et la guerre Nord-Sud reprend. Cette deuxième guerre provoque la mort de deux millions de personnes et le déplacement de quatre millions de civils.

Johon Garang, fondateur de l’Armée de Libération du Peuple du Soudan (APLS)

Naissance du Soudan du Sud

Malgré un cessez-le-feu signé en 2002, cette guerre ne s’arrête officiellement qu’en  janvier 2005, après la signature d’un traité de paix entre Khartoum et l’APLS. Cet accord n’aurait jamais été possible sans l’intervention des États-Unis qui soutenaient les indépendantistes sud soudanais dans leur lutte contre le Soudan d’Omar El Béchir soupçonné de supporter les mouvements islamistes. Le Sud est également epaulé par l’Éthiopie, le Kenya et Israël. Ces trois pays voient en lui un allié contre le Soudan du Nord majoritairement musulman. L’accord prévoit la fin des combats et la tenue d’un référendum à l’issue d’un régime d’autonomie de six ans. John Garang devient vice-président. Le 31 juillet 2005, il meurt dans un accident d’hélicoptère et est remplacé par Salva Kiir. En 2011, un référendum d’autodétermination est organisé. 73% de la population étant analphabète, les citoyens sont appelés à voter avec leur empreintes digitales. Le “oui” l’emporte à 98,85 % . L’indépendance est célébrée le 9 juillet 2011. Naît alors le Soudan du Sud.

Bulletin de vote lors du référendum en 2011
Bulletin de vote lors du référendum 

L’enjeu du pétrole

De nouvelles frontières apparaissent. Elles remettent en cause le principe d’intangibilité des frontières adopté en 1964 par l’Organisation de l’Unité Africaine. Le plus jeune état du monde est un régime fédéral de 619 745 km2 composé de dix états. En 2012, ce pays compte alors douze millions d’habitants. Une population jeune (72% ont moins de trente ans) et pauvre : 51% des habitants vivent avec moins de 50 centimes d’euro par jour. L’accès à l’eau potable est également limité, 5% seulement de la population en bénéficie. 

Le cinquante-quatrième pays africain est un pays enclavé n’ayant pas accès à la mer, ce qui limite son commerce. Le Soudan du Sud possède toutefois deux atouts majeurs : le pétrole et le Nil blanc. Ce dernier permet l’irrigation des cultures dans un pays où l’économie est principalement agricole même si 4,5% seulement des terres sont exploitées. Quant au pétrole, il joue un rôle majeur dans la compréhension du conflit.

 

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Mariam Koné et Maxime Oliveira